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C’est dans la vaste salle des remparts de Warcq, récemment aménagée, que Claudine Ledoux a présidé, jeudi 12 janvier, à la traditionnelle cérémonie des vœux, entourée des maires des communes de Cœur d’Ardenne.
Elle s’est adressée à l’assistance, composée des forces vives de l’agglo et des agents de Cœur d’Ardenne, en ces termes.
« Je tiens tout d’abord à remercier mon collègue Bernard Pierquin et les élus de Warcq de nous accueillir dans ce bel équipement communal à l’occasion de la traditionnelle cérémonie des vœux de Cœur d’Ardenne.Merci à vous tous d’avoir répondu à mon invitation.
Plus que jamais, en ces temps moroses et incertains, je souhaite, à chacune et à chacun d’entre vous, tous mes bons vœux de bonheur, de réussite professionnelle, d’épanouissement personnel et de santé. Que 2012 soit, malgré tout, l’année d’un nouveau départ et que notre horizon à tous s’éclaircisse.
Six ans. Six ans déjà que notre communauté d’agglomération a été créée. C’était hier. Mais que de chemin parcouru !
Rassurez-vous, je ne vais pas me lancer ici dans un bilan de notre action. Mais je crois que nous pouvons être fiers de ce que nous avons déjà accompli.
Surtout, je veux me féliciter ici de la bonne, j’irais même jusqu’à dire de l’excellente entente qui a prévalu entre les élus, et singulièrement entre les maires, depuis la mise en chantier de l’agglo.
Nous avons su, je crois, gérer l’agglo dans le respect des uns et des autres, en veillant à l’équité afin que chaque commune tire avantage de cette coopération.
Je me réjouis de voir aujourd’hui des communes demander de leur plein gré leur adhésion à Cœur d’Ardenne. Ce fut le cas de La Grandville et de Gespunsart. C’est le cas de Fagnon. Il y en a même comme Arreux et Houldizy qui souhaiteraient nous rejoindre et en sont empêchées pour cause de discontinuité territoriale
Nous regardons vers l’avenir. Et Cœur d’Ardenne ne nous paraît même plus avoir la masse critique suffisante pour relever certains défis.
Songez que la seule agglomération rémoise réunit déjà plus d’habitants que l’ensemble du département des Ardennes.
Et pourtant Reims joue dans la cour des tout petits en comparaison des villes qui, en France, peuvent prétendre exister au plan européen.
A telle enseigne que Reims et les neuf villes de la Marne, de l’Aisne et des Ardennes qui sont dans sa sphère d’attraction songent aujourd’hui à se constituer en un pole métropolitain qui atteindrait le seuil des 700 000 habitants.
Partout en France les territoires se structurent pour constituer de grandes métropoles urbaines dont on sait qu’elles seront demain les lieux du développement économique.
C’est ce qui a conduit les maires de Cœur d’Ardenne, en accord avec leurs homologues du Pays sedanais, à proposer, lors de la révision du schéma départemental de coopération intercommunale, la composition d’une seule agglomération afin de constituer le grand pole urbain dont manquent cruellement les Ardennes.
Tout le monde sait, depuis longtemps, que c’est sur cet axe, bientôt renforcé par l’A 304, que peut s’envisager un nouveau développement économique.
Tout le monde sait également que c’est avec une agglo de cette taille, d’environ 130 000 habitants, que les Ardennes pourront encore peser au sein du futur pole métropolitain que j’évoquais il y a un instant. Que c’est dans ces conditions qu’on pourra encore représenter quelque chose demain au plan national.
Je regrette bien sûr que cette proposition de grande agglo n’ait pas été retenue. Je crois que cela aurait pu être l’occasion d’un nouveau départ pour les Ardennes.
Pour autant, les élus du pays sedanais et de Cœur d’Ardenne ne veulent pas baisser les bras.
Nous souhaitons poursuivre le travail de coopération que nous avons entamé. Nous n’excluons pas non plus la possibilité de constituer dans les deux ans à venir une agglomération commune même si elle doit être réduite et quitte à passer par les bois de
Gespunsart pour assurer la nécessaire et fatidique continuité territoriale.
Réunir nos forces, fédérer les énergies, réaliser des économies d’échelle, potentialiser nos dotations.
Ce sont d’autant plus des exigences que les temps sont et seront durs.
Mais, malgré des budgets fortement contraints, malgré un contexte déprimé et déprimant, nous entendons poursuivre nos efforts d’investissement. Parce que si les collectivités cessaient d’investir ce serait catastrophique pour le carnet de commandes de bon nombre d’entreprises locales. Cela entraînerait des réactions en chaîne dont on ne mesure pas les conséquences.
Tous nos efforts se concentrent pour lutter contre les deux maux endémiques des Ardennes : le manque d’emplois et la baisse de la démographie.
Je vous le disais en préambule, je ne vais pas dresser ici le catalogue exhaustif de nos bilans et de nos perspectives.
Je voudrais seulement insister sur quelques projets qui témoignent de nos actions de redynamisation de notre territoire. Des actions que nous n’aurions pu mener en ordre dispersé, sans la Communauté d’Agglomération.
L’année 2012 sera notamment marquée par la réalisation de notre pépinière d’entreprises.
Sa directrice, Madame Geoffroy, est déjà à pied d’œuvre depuis début décembre dernier. Comme vous le savez, cette pépinière est assez originale et novatrice.
Elle comportera un bâtiment commun sur le Val de Vence et 24 bureaux répartis en pied d’immeuble sur le quartier de la Ronde Couture. Deux premiers bureaux seront disponibles dès la fin de ce mois de janvier et la totalité sera livrée d’ici la fin de l’année. Dès le printemps, nous poserons la première pierre de la pépinière implantée sur le Val de Vence.
Une zone du Val de Vence qui continue de s’étoffer. Un bâtiment tertiaire va y être construit pour Pôle Emploi.
Nous allons transformer un bâtiment existant pour y aménager des ateliers destinés aux artisans.
Notre nouveau prestataire des transports urbains, RATP Dev, va y installer son dépôt.
D’autres projets privés devraient également se concrétiser dans les prochaines semaines pour Val de Vence.
Mais il n’y a pas que le Val de Vence.
Nous poursuivons notre politique d’acquisition foncière car notre développement passe nécessairement par la maîtrise d’espace disponible.
On le sait, nous sommes à l’étroit dans l’agglo actuelle.
C’est pourquoi nous avons déjà engagé le processus pour développer une nouvelle zone d’activité sur Villers-Semeuse.
Je pense également à l’extension de la zone de la Croisette, destinée accueillir de nouvelles enseignes qui manquaient sur l’agglomération. Les travaux d’aménagement devraient débuter avant l’été. Cette nouvelle zone commerciale offrira 21 000 mètres carrés supplémentaires et devrait générer la création de 140 emplois directs.
La construction des quelque 5000 mètres carrés de bureaux et de commerce prévus juste à côté de la gare SNCF pourrait débuter dès cet automne.
Dans la triste conjoncture que nous traversons, voilà quelques motifs d’espérer. Car, derrière ces mètres carrés bâtis ou non bâtis, ce sont de nouvelles activités, et donc de l’emploi qui pourra se développer.
Je le disais, notre problème est aussi d’ordre démographique. Nous perdons encore des habitants et inverser cette tendance ne sera pas facile.
Nous mettons néanmoins en œuvre tout ce qui est en notre pouvoir pour essayer au moins de stabiliser à terme notre population.
Notre politique en faveur de l’habitat est un de ces leviers qui peuvent contribuer à lutter contre la perte d’habitants.
Nos aides à l’accession à la propriété ont permis de financer en 2011 34 projets pour un coût global de 136 000 €.
Depuis 2 ans, grâce à l’OPAH, ce sont plus de 160 propriétaires qui ont pu bénéficier de financement pour la réalisation de travaux, en particulier dans le domaine thermique et les économies d’énergie.
Au total, toutes aides confondues, ce sont près de 2 millions 500 000 € qui ont été attribués. Ce qui a généré près de 4 millions 500 000 € de travaux, essentiellement réalisés par des entreprises locales.
Cœur d’Ardenne intervient aussi pour aider les bailleurs sociaux à construire ou à rénover des appartements. Chaque année, c’est une enveloppe de 120 000 € qui est engagée.
Maintenir notre population c’est aussi essayer de faire venir de nouveaux habitants.
C’est pourquoi nous avons participé en 2011 pour la première fois au salon parisien Provemploi. Ce salon a pour but de faire connaître aux visiteurs, chefs d’entreprises et cadres pour la plupart, les possibilités de s’installer en province. Il faut savoir qu’environ 80 000 habitants, fatigués des conditions de vie, quittent chaque année l’Ile de France pour d’autres régions de France. Les contacts que nous avons eus sur ce salon sont plus qu’encourageants.
Mais, comme on dit chez nous, on n’attire pas les mouches avec du vinaigre.
Un territoire ne saurait être attractif s’il ne propose pas, outre du travail, une qualité suffisante d’équipements et de services.
Je crois que la ville centre et l’agglo offrent déjà un panel, en particulier dans le domaine culturel et sportif, dont nous n’avons pas à rougir.
Mais, comme toujours, c’est souvent le petit plus qui fait la différence. En particulier si l’on veut conserver une population jeune.
On sait le rôle considérable que jouent désormais des événements comme le festival de marionnettes et le cabaret vert pour l’image de notre territoire.
Il nous faut conforter ces avantages.
C’est dans cette optique que Cœur d’Ardenne portera la maîtrise d’ouvrage de l’implantation de la nouvelle école supérieure des arts de la marionnette dans l’ancien magasin Troussel et aménagera une scène pour les musiques actuelles dans les anciens locaux de la Macérienne.
La Communauté d’Agglomération conduit des projets lourds, qui engagent l’avenir.
Je voudrais à cet égard souligner combien le rôle de nos collaborateurs, à tous niveaux, est essentiel à notre réussite.
Nous avons la chance de disposer d’un personnel, souvent jeune, responsable et compétent.
A une époque où il est parfois de bon ton d’ironiser sur la fonction publique en générale, je tenais à le dire.
Ce sens des responsabilités s’est manifesté lorsque nous avons eu à gérer la situation délicate de la médiathèque. Ce ne fut facile pour personne. Malgré les désagréments occasionnés au public et que le personnel a essayé de limiter au maximum, il était de notre devoir d’agir dans le respect du principe de précaution.
Je le disais au début de mon intervention, le fait communautaire, avec le temps, s’est installé et s’est rendu lisible à travers des réalisations concrètes et de nouveaux services partagés.
Chaque commune a pu constater que son identité était respectée et qu’elle pouvait tirer avantage de cette mise en commun de moyens.
Le service de l’eau et de l’assainissement, pour ne prendre que cet exemple, est apprécié pour la qualité et la rapidité de ses interventions.
Les communes de Cœur d’Ardenne peuvent accéder à des aides substantielles, que ce soit à travers les fonds de concours ou les subventions de la Région grâce à la convention d’aménagement que l’agglo a signé.
La réflexion est engagée avec mes collègues maires pour continuer d’aller de l’avant.
De nouvelles compétences pourraient être transférées, que ce soit dans le domaine des équipements touristiques, du sport de haut niveau, des actions en faveur de la petite enfance, ou encore de la restauration collective. Ce ne sont là que des pistes, qui ne sont ni limitatives, ni définitives. Car, c’est par le consensus que nous avons toujours avancé et c’est par le consensus que nous continuerons d’avancer.
L’essentiel en cette période si désespérante, c’est de lever de nouvelles espérances qui permettent d’engager de nouvelles actions.
Oui, c’est aussi le vœu que j’adresse à chacune et à chacun d’entre vous : lever de nouvelles espérances pour construire un avenir meilleur et plus éclairé. »