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Coeur d'Ardenne

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Nuage de mots

Cérémonie des voeux 2011

Claudine LEDOUX et Alain BEAUFEY

Vous trouverez ci-après le discours prononcé par Madame la Présidente pour la cérémonie des vœux de Cœur d’Ardenne vendredi 14 janvier 2011 à la salle polyvalente de Prix-lès-Mézières

En ces temps difficiles, troublés, incertains, je forme le vœu que 2011 soit, malgré tout, une année porteuse d’espérance.

Je souhaite que nous sortions de cette période difficile afin que chacun puisse trouver sa place et sa part de bonheur au sein de notre société.

Il y a trop, beaucoup trop de nos concitoyens qui, aujourd’hui, souffrent matériellement et moralement.

A vous toutes et à vous tous, je souhaite, pour cette nouvelle année, la santé, la réussite dans vos projets et l’épanouissement dans votre vie personnelle.

Je le disais il y a un instant, nous vivons malheureusement le temps des incertitudes.

Incertitude par rapport au travail. Incertitude quant à la préservation de nos systèmes de protection sociale.

L’avenir génère chez beaucoup d’entre nous davantage d’inquiétude que d’optimisme.

Chacun a bien conscience qu’il n’est pas à l’abri, demain, d’une dégradation de ses conditions de vie. Nous ne sommes même plus sûrs, contrairement au passé, que nos enfants connaîtront une situation meilleure que la nôtre.

L’Europe qui a longtemps fait figure d’espace préservé, stable, au sein d’un monde en proie aux conflits, aux catastrophes de toutes sortes, l’Europe se sent aujourd’hui fragilisée par les difficultés de certaines de ses composantes et doute d’elle-même. Nous réalisons que nous ne sommes plus le seul centre du monde.

Les collectivités locales, et singulièrement les communes et les intercommunalités, sont souvent ressenties par la population comme un des derniers filets protecteurs. Leurs services de proximité constituent un recours, un rempart contre un monde qui bouge de plus en plus vite, de manière incontrôlée et que l’on comprend de moins en moins.

Mais l’incertitude pèse également sur les collectivités locales et sur leurs capacités d’action.

Pourtant plus que jamais nous avons besoin d’agir et d’investir pour préparer l’avenir.

Par ailleurs, l’investissement public des collectivités est un moteur essentiel de l’activité des entreprises et de l’emploi.

C’est pourquoi, malgré l’adversité, notre ambition demeure intacte.

Nous voulons tout mettre en œuvre pour renforcer l’attractivité de notre territoire.

Cœur d’Ardenne continuera en 2011 et les années suivantes à orienter l’essentiel de ses investissements vers deux secteurs : l’habitat et l’environnement économique.

Pourquoi ? Parce que notre territoire, à l’image des Ardennes dans leur ensemble, souffre de deux maux : le manque d’emplois et la perte de population (même si les derniers chiffres de l’Insee semblent indiquer un début de stabilisation).

Nous poursuivrons donc en 2011 notre politique en matière d’Opération Programmée d’Amélioration de l’Habitat et de Plan Local de l’Habitat.

Nous allons inaugurer au printemps le pôle de la gare, dont l’usage doit sans doute encore être amélioré par quelques ajustements.

Mais ce pôle ne fait que préfigurer une opération beaucoup plus audacieuse qui consistera à réhabiliter et à redynamiser tout un secteur urbain devant et derrière la gare afin d’y accueillir de nouvelles activités tertiaires et de nouveaux logements.

L’aménagement sur le Val de Vence d’une pépinière d’entreprises et d’un bâtiment dévolu à des cellules artisanales témoigne de la volonté des élus de Cœur d’Ardenne de s’impliquer directement et concrètement dans le soutien à la création et au développement des entreprises.

L’acquisition d’une vingtaine d’hectares à Villers-Semeuse destinés à devenir une nouvelle zone d’activité manifeste la même volonté de créer des conditions favorables à l’installation de nouvelles entreprises.

Mais l’attractivité d’un territoire passe aussi par la qualité du service à la population. Nous ne l’oublions pas.

Les efforts colossaux en matière d’eau et d’assainissement (de l’ordre de 10 millions d’Euros d’investissement chaque année) se poursuivront. Je crois que chaque commune mesure, ou mesurera au fil du temps, l’apport essentiel et irremplaçable de Cœur d’Ardenne en ce domaine.

Une nouvelle déchetterie ouvrira cette année au nord de l’agglomération et un même équipement est déjà programmé au sud.

La Communauté d’Agglomération peut être fière de son bilan. Elle peut être fière de ses projets.

Qu’il me soit permis ici de remercier l’ensemble des élus, mais aussi des agents de notre jeune collectivité, sans lesquels rien de tout cela n’aurait été possible.

A une époque où l’on est prompt parfois à vilipender l’administration et ses fonctionnaires, je veux souligner le travail et l’efficacité du personnel de Cœur d’Ardenne qui met en œuvre au quotidien notre commande politique.

Je veux surtout souligner son sens du service public qui s’est notamment exprimé pleinement à l’occasion des problèmes rencontrés à la médiathèque.

Sens du service public, sens du bien commun, ce sont ces qualités qui nous permettront d’offrir à nos concitoyens une part de ce mieux vivre auquel ils aspirent.

A ce temps des incertitudes, il nous faut répondre par le temps des solidarités. Solidarité entre les individus, solidarité entre les territoires.

Plus que jamais nous devons unir nos forces, fédérer nos énergies, mutualiser nos moyens. Cœur d’Ardenne illustre chaque jour l’utilité de cette démarche unitaire. Chaque commune peut et doit y trouver son avantage.

L’idée du regroupement en tout cas a fait son chemin. Il y a désormais des candidatures spontanées pour intégrer Cœur d’Ardenne.

Au-delà de nos clochers, qui restent et resteront légitimement chers à nos cœurs, nous devons élargir nos bases, consolider nos fondations, pour construire un édifice communautaire solide, solidaire et ouvert.

Le rapprochement qui s’esquisse avec nos amis sedanais, même s’il est d’une autre nature, même s’il prend la forme d’un syndicat mixte, s’inscrit néanmoins dans une logique analogue.

Il vient conforter l’objectif central de notre projet d’agglomération : doter les Ardennes d’un pôle urbain fort.

Le rapprochement avec Sedan est en marche. Il constitue une petite révolution mais aussi un enjeu décisif pour l‘avenir de nos territoires et, au-delà, pour l’avenir de l’ensemble des Ardennes.

Depuis un an, nous avons avancé dans les projets de coopérations concrètes. Dès cette année, plusieurs actions seront mises en œuvre : partage d’équipements, harmonisation du calendrier des manifestations, partage de données économiques, soutien au co-voiturage pour faciliter les déplacements entre les deux territoires, élaboration commune d’un plan climat, etc, etc…

Ce ne sont pas les idées qui manquent.

Tous ces micros projets, frappés au coin du bon sens et du pragmatisme, ne peuvent que nous rapprocher, favoriser une culture de la coopération.

Mais, avec Didier Herbillon, nous voulons proposer à nos collègues élus d’aller encore plus vite et plus fort, pour aller plus loin.

On se rend bien compte que nous avons besoin de nous unir pour mobiliser les moyens nécessaires à la réalisation de grands équipements structurants.

Je ne citerai que quelques exemples qui peuvent constituer des pistes de réflexion.

Cœur d’Ardenne, dans son projet d’agglo, avait nourri l’ambition de réaliser un centre des congrès pouvant également accueillir de grandes manifestations culturelles et de loisirs. Est-ce encore à notre seule portée ? Ne vaut-il pas mieux l’envisager en commun avec Sedan ?

Nous devons encore développer les filières de formation et d’innovation, si l’on veut développer de nouvelles activités, garder notre population, nos jeunes en particulier.

Avec mon homologue sedanais nous avons évoqué le projet d’un technopole autour de la filière bois. N’est-ce pas une idée au moins à explorer ?

Moi-même j’ai lancé une étude sur les retombées que pourrait susciter l’implantation au chef-lieu de l’agence des titres sécurisés.

Je ne sais pas si ces idées se concrétiseront un jour. Ce que je sais c’est qu’un territoire sans projet est forcément un territoire sans avenir

Nous avons besoin d’études, nous avons besoin de matière grise, pour expertiser la pertinence et la faisabilité de grands projets qui redynamise nos territoires.

C’est pourquoi, avec Didier Herbillon, nous souhaitons proposer à nos collègues la création d’un syndicat mixte pouvant être le support à la réalisation et à la gestion de ces grands équipements ou à la mise en commun de certains services à la population.

J’ai bien conscience que ce rapprochement, inédit dans l’histoire locale, bousculera des habitudes, nécessitera une révolution des mentalités.

Mais je sais aussi que nos Ardennes ont besoin d’une ambition, d’un grand dessein, pour aborder l’avenir avec une confiance renouvelée.

Ce temps des incertitudes que nous vivons ne doit pas nous condamner à la paralysie, il doit nous inciter à l’action.

Je forme le vœu que ce temps des incertitudes cède la place au temps des nouvelles espérances.

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